Lettre mensuelle : Juin 2007

 

Chers amis,

Cette lettre est pour nous l’occasion de partager avec vous les souffrances de jeunes femmes de deux grands pays africains ; leur souffrance certes, mais surtout leur espoir en l’avenir par le biais d’actions durables porteuses d’espérance et de solidarité.

La REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO a connu bien des vicissitudes avec la succession des « guerres dites de libération ».
Depuis 1997 la population a subi de nombreux pillages, les activités économiques ont été bloquées et les revenus sont aujourd’hui dérisoires pour ne pas dire nuls.

L’éducation n’a pas été épargnée, ainsi l’enseignement au Congo en général et dans le Diocèse de Butembo Beni en particulier (Province du Nord Kivu) a connu de nombreuses défaillances et les bâtiments scolaires ont pour la plupart été pillés.

Aujourd’hui, le pays aspire à la paix mais il faut tout reprendre à zéro.

Depuis 1935, les Sœurs Oblates de l’Assomption sont présentes dans le Diocèse de Butembo Béni. Elles prennent en charge l’enseignement et s’occupent également du secteur médical et social.
Depuis la fin locale des hostilités, les Sœurs ont pris en charge une cinquantaine de jeunes mamans âgées de 12 à 16 ans, victimes de pilleurs et autres « inciviques » incontrôlés.

Afin de donner à leurs protégées une chance de s’en sortir, elles souhaitent mettre en place des cours d’alphabétisation et de formation.

Il s’agit en effet de leur donner dans un premier temps une éducation de base en leur apprenant à lire et à écrire. Pour ce poste 455€ sont nécessaires qui seront consacrés à l’achat de diverses fournitures et de livres.
Les jeunes femmes seront ensuite initiées à des formations génératrices de revenus dans les différents domaines pratiques suivants :


- La couture : pour cela 50 machines à coudre, trois sur-fileuses et du petit matériel seraient à acquérir pour une somme de 3.875€.
-La jardinage axés sur la culture de différents légumes tels que les tomates et le chou (…). L’objectif final de cette formation est de leur permettre ensuite de reproduire ces cultures vivrières dans des parcelles familiales. Pour ce faire, 575€ serviront à l’achat d’outils et de semences .
-Enfin, 850€ seront consacrés à des cours de nutrition (matériel didactique et de cuisine).
Ainsi une somme de 5.755€ servira à la réinsertion de 50 jeunes filles.
Les sœurs s’engagent à prendre en charge les frais de fonctionnement et les salaires des quatre formateurs pour une somme totale de 3.600€.

Ce coup de pouce permettra à ces jeunes femmes dépourvues actuellement de tout d’élever leurs enfants avec plus de sérénité mais surtout de se relever dignement d’une situation qu’elles n’ont pas choisie.
Ce premier programme reproductible à moindre coût pourra être pérennisé et étendu à d’autres victimes des atrocités des guerres larvées qu’a connu et que connaît encore la RDC.


Le deuxième projet que nous vous soumettons sera implanté dans un bidonville des faubourgs de Douala au CAMEROUN.

Oyack est le quartier surpeuplé de cette métropole avec un habitat fait de cabanes, sans urbanisation ; l'on y trouve très peu d'eau et les routes y sont en très mauvais état.
La majorité de la population est jeune et sans emploi ; lorsqu'elles travaillent les familles vivent avec moins de 1US$ par mois.
Face à ce constat, une association de femmes " Femmes en Action Contre la Pauvreté " (FACP) s'est constituée en 2003 afin de contribuer efficacement et durablement à la promotion, à l'encadrement et à la gestion des activités de femmes issues de classes défavorisées.
Les populations de ce quartier sont pour la plupart incapables de se procurer les produits vivriers qui coûtent très cher, aussi FACP s'est-elle adressée à nous afin de lui permettre d'essayer de remédier aux carences alimentaires fréquemment constatées.
Le projet a pour but de développer la transformation et l'utilisation du soja comme élément riche en protéines et glucides mélangé à du sorgho et du maïs. Ce mélange appelé SOSOMA a donné d'excellents résultats auprès des familles les plus démunies : " Les enfants qui en ont consommé ont repris rapidement du poids ".

Après cet essai concluant supervisé par les services sociaux et l'hôpital d'Oyack, il nous a été proposé d'acheter un moulin à moteur Diesel dont le coût est de 2.276€ ainsi que les matières premières nécessaires au démarrage de cette activité, à savoir 4.000 kg de soja, de sorgho et de maïs, représentant une dépense de 2.488€. Soit une participation de FRERES D'ESPERANCE de 4.764€.

Il nous semble important de souligner que 15 femmes seront employées à la production et à la vente du produit. Par ailleurs, 25% du résultat d'exploitation sera consacré à l'alimentation des personnes les plus dénutries, et à la reconstitution des stocks de matières premières.

Enfin, la participation de l'association FACP et de ses membres s'élèvera à 1.118€ correspondant à l'achat de petits matériels et à la location d'un local.

Ce projet, initiative des femmes et au profit de toute la population permettra la création d'emplois et une lutte efficace et peu coûteuse contre la malnutrition.

Nous espérons que comme nous, vous ne resterez pas insensibles à ces actions qui comme le disait Christine PENENT, Présidente de FRERES D'ESPERANCE de 1995 à 2000 aujourd'hui disparue " sauront faire reculer la misère et revivre l'espoir ".

Nous vous donnons rendez-vous en septembre et vous souhaitons un excellent été à tous.


Robert Jouanique
Président de l'association


 

 

 



 

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